Cet objet a été collecté au Népal, cependant il n'est sans doute pas de conception népalaise. Il s'agit d'un antique tampon à argile nommé "sceau cylindre". La pierre semble être de la stéatite (à confirmer), communément appelée "pierre à savon" en raison de son touché doux, soyeux, presque gras (la racine grecque "steato" voulant dire graisse) Ce qui nous oriente vers une origine dans la vallée de l'Indus ou la Bactriane ou même la Mésopotamie. La stéatite est à la fois résistante et tendre, ce qui explique son usage répandu dans ces régions pour la fabrication de sceaux ou de sculpture, ceci dès la préhistoire.
Les "sceaux cylindres" sont très anciens, puisqu'ils ont été utilisés depuis -4000 ans avant J.C. en Mésopotamie jusqu'à leur désuétude progressive vers -500 ans avant J.C. Ils servaient à marquer l'argile, tout d'abord pour identifier le propriétaire ou le contenu d'une marchandise scellée. Puis ces objets ont été adaptés à des fins religieuses, gratulatoires, propiatoires, de protection ou de conjuration. Ce qui parait être le cas de notre exemplaire, avec ses dessins en creux d'animaux sauvages (se prémunir des attaques, du poison, favoriser la chasse) et domestiques (bénédiction des troupeaux, éloigner la maladie) Si le cylindre est percé en son centre c'est qu'il était attaché à une cordelette, afin de le rendre personnel, facilement transportable et à portée de main en toutes circonstances. Ainsi arboré au cou de son propriétaire, le "sceau cylindre" devint un véritable ornement, un marqueur identitaire de classe sociale et d'appartenance hiératique.
Cette évolution est attestée par les découvertes de nombreux "sceaux cylindres" dans des sépultures, repoussant les démons et intercédant auprès des divinités en faveur de leur détenteur.
Dans ces conditions, il est donc naturel que ces objets aient diffusé par les caravanes marchandes jusqu'en Mongolie. Ils ne sont pas sans rappeler les Zanpars tibétains hérités des traditions chamaniques ou Bön pratiquant les offrandes d'empreintes. Les peuples himalayens sont culturellement hautement réceptifs aux amulettes d'artéfacts récoltées ou acquises : pointes de flèches de l'âge du bronze, hachettes du néolithique, ... sont considérées et portées comme des Thogchags (autrement dit de puissantes incarnations d'énergies célestes mises sur le chemin de vie de l'adepte méritant et attentif, dans le but de le protéger de toutes sortes de calamités mais aussi d'établir des liens avec l'invisible et les ancêtres)
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