Cette captivante statue en bronze à patine brune, d’origine japonaise, personnifie le très populaire Avalokiteshvara (dénommé Kannon au Japon) Cette représentation caractéristique du Boddhisattva de la compassion est connue sous le terme « Nyoirin » (fusion des termes "Nyo-i" le Joyau et "Rin" la roue du Dharma), en référence à deux de ses attributs.
Elle est l’une des formes ésotériques à six bras appliquées au Boddhisattva, notamment qualifiées à exaucer les vœux. Kannon Nyoirin est assis dans une pose d'aisance royale (Rajalilasana : posture avec la jambe droite tenue verticalement, la gauche étant pliée à plat, le coude droit est posé sur le genou droit et la main gauche plaquée au sol) Cet Āsana s’est répandu dans la statuaire indienne depuis les Gupta (des déités demeurant assises proches de leur Shakti) jusqu’à la Chine au travers des dynasties Liao et Song (avec les célèbres Guan Yin), le Tibet (Milarepa), enfin la Corée et le Japon. Cependant, il est fort rare de rencontrer le Bouddha avec cette assise, plutôt apparentée aux Bodhisattvas.
Notre modèle est composé plus précisément sur une déclinaison du Rajalilasana : sa main droite est appuyée contre sa joue dans une attitude pensive dite de Mahākāruṇika (= seigneur de grande compassion)
Une de ses trois mains gauches touche le sol paume ouverte vers le bas. Par ce geste, il symbolise le triomphe de la Lumière sur les démons telluriques qu’il entrave et contient, mais aussi son appui sur le mont Potalaka d'où le Boddhisattva scrute et sonde les souffrances s'élevant du Samsara.
Une autre levée et poing fermé devrait tenir une tige de lotus en bouton "Mikaifu Renge" (manquante), alors que la plus haute au-dessus de l'épaule présente une roue de la Loi (Horin) à huit rayons.
La main droite abaissée porte un chapelet Mâlâ (Nenju ou « perles de conscience », en référence à son utilisation comme support de méditation sur les 108 épreuves du Bouddha transmutées en facteurs d’Eveil) servant aux récitations de Mantras.
Tandis que celle maintenue dans le giron supporte une coupe réputée offrir les Joyaux Cintāmaṇi (Nyoi hoju)
Ses six bras sont nécessaires pour sauver les êtres qui souffrent dans les six mondes de l'existence samsarique (Rokudoo)