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L'art bouddhique tibétain

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  • 366-Statue de Padmasambhava

Padmasambhava


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Cette ancienne statuette tibétaine est composée d'un alliage cuivreux à la couleur majoritairement bronze, avec des nuances plus rougeâtres au niveau de l'abdomen et dans les interstices. Le drapé de la robe, ainsi que les détails des mains dénotent une belle qualité artisanale.
Au premier coup d'œil, l'identité du sujet ne fait aucun doute : il s'agit du mythique Guru Rinpoché ou Padmasambhava, dans sa forme iconographique canonique. De plus, l'écriture tibétaine au dos རྗེཔདྨ་འབྱུང་གནས Rje Pad ma 'byung gnas (= Le Maître ou le Seigneur né du lotus) vient la confirmer. Malgré son âge, à sa base la statuette a conservé sa plaque de consécration en cuivre frappée du Viśvavajra ou Vajra croisé.
Si les représentations de Padmasambhava sont innombrables, c'est tout d'abord parce qu'il est bien plus qu'un Maître, puisqu'il est considéré comme un Bouddha. Ceci explique ses huit autres manifestations (nommées Gu ru mtshan brgyad) en plus de celle-ci, afin d'incarner toutes ses qualités d'esprit et de réalisation sous des aspects tangibles facilitant l'appropriation ou la vénération des pratiquants.



Ici, le Guru est classiquement reconnaissable par des attributs et des traits physiques qui nous renvoient à sa biographie on ne peut plus singulière :
- son chapeau de Pandita (= sage, expert, érudit, savant) dit "de lotus" (Padma sam zhu)
Cette coiffe complexe montre que Padmasambhava est détenteur des plus hautes initiations acquises en Inde. C'est un chapeau commun au fameux moine Shantarakshita, auprès de qui il a étudié à Nalanda (état du Bihar) Autrement nommé Ou rgyan pad zhva (= le chapeau de lotus d'Oddiyana) pour indiquer que Padmasambhava est originaire de ce petit royaume lointain de la vallée du Swat. Pour les tibétains, Oddiyana est la terre des Dakinis, or ces divinités confèrent les Tantras secrets aux Mahasiddhas les plus méritants. En outre cette coiffe aurait été un présent du roi de Zahor (actuel Himachal Pradesh) repenti et converti au Dharma par le Guru, après que ce dernier réchappa du bûcher transformé en lac au milieu duquel il fût retrouvé en la personne d'un enfant de huit ans siégeant sur un lotus (comprendre au travers de cette légende que le feu régénérateur de l'Esprit consume tous les agrégats impermanents et obscurcissants, pour aboutir à la grande pacification, au Samadhi d'où éclot et s'épanouit l'Eveil comme fruit du renoncement à tout attachement au Samsara) Le chapeau possède un soleil et une lune en fleuron (preuve qu'il a réalisé la voie du milieu, la synthèse des phénomènes et de leur vacuité ou bien des deux Bodhichittas relative et ultime) Enfin, il est surmonté d'une plume de vautour (Bya rgod), l'oiseau volant haut dans le ciel, attiré par la mort mais qui n'ôte pas la vie et ne consomme que des cadavres. Une manière de nous signifier que Padmasambhava est également Maître Dzogchen, l'insurpassable Grande complétude. C'est aussi au pic des vautours que le Bouddha fit tourner une seconde fois la roue du Dharma pour enseigner la "perfection de la Sagesse" (Comprendre que Padmasambhava est tel le vautour qui plane librement dans le ciel bleu de Sunyata, au-dessus des concepts erronés d'être ou de non-être, des illusions, du corruptible : il a transcendé le cycle infernal mort-renaissance et la voracité, le tranchant de son analyse ultime des phénomènes met en pièces et digère les Samskaras à l'origine du Karma) Il est dit que la seule vue de cette coiffe suffirait à libérer les êtres.
- ses trois vêtements
A bien observer, Padmasambhava porte des vêtements non conventionnels au sein du Bouddhisme tibétain. Ils sont larges, couvrants, richement décorés, les coutures sont brodées, le drapé est raffiné et la superposition sophistiquée. En fait ils sont composés de trois enveloppes principales distinctes : la cape (ou manteau) rouge pourpre (en référence à Karuna, la compassion, le grand véhicule) offerte par le roi de Zahor, la robe safran (en référence à Sila dont l'étymologie ramène à la solidité du rocher. La discipline éthique comme fondement d'une conduite saine, base de toute élévation spirituelle. Le petit véhicule), et enfin plus proche du corps la robe bleue (en référence à la voie royale du véhicule de diamant, le Vajrayana) Complétée par des bottes en feutre, cette vêture n'est pas monastique, elle est laïque (ses deux bras sont couverts) puisque Padmasambhava a plusieurs épouses, dont les plus célèbres Mandarava (Inde) et Yeshe Tsogyal (Tibet) formant un pont culturel et mystique entre les deux pays.
- le Dorjé (Vajra) en main droite
Si le Vajra est commun à quantité de représentations dans la peinture ou la statuaire bouddhique, cette position au genou accompagnée du Tarjani Mudra (signe de menace) est propre à Padmasambhava. En effet, elle nous renvoie aux capacités magiques extraordinaires du Guru Rinpoché utilisées pour subjuguer les entités maléfiques (démons et forces telluriques) Ce sont celles-ci qui ont été mises à profit à la demande du roi Trisong Detsen (dynastie Yarlung), afin de convertir au Dharma les démons qui harcelaient alors son peuple, en accord avec les pratiques tantriques intégrées à l'héritage Bön. L'usage du sceptre foudre et du Tarjani Mudra est normalement associé aux déités courroucées, or Padmasambhava est en concordance avec ce canon, puisque nous le retrouvons sous sa forme de Dorje Drolo chevauchant une tigresse pour voler au secours des habitants du futur Bhoutan (il a alors également une dague Phurbu en main gauche dont les trois lames sectionnent les racines des trois poisons causant la souffrance) Notons deux autres variantes à la position du Dorjé : pointant au cœur (très fréquente) ou levé à hauteur du visage (rare)
- le Kapala en main gauche
La coupe crânienne est ici déposée au creux de la main gauche ouverte paume en haut, dans un geste de parfaite équanimité. A l'intérieur, un vase d'Amrita (nectar de longévité) offre la Sagesse (Prajna) immortelle : l'Esprit qui a reconnu sa luminosité innée devient pure conscience et transcende tout concept de mort physique. Nous parlons de Rigpa (Rig pa mchog ou "connaissance inégalable"), dans le sens où Padmasambhava a dissimulé des joyaux spirituels (Termas) pour être révélés par les générations futures grâce à leur découvreurs (les Tertons, les disciples de sa lignée) Parmi ces trésors, des enseignements immatériels précieux qui germent dans l'esprit d'un Terton au moment opportun, visant à revivifier la pratique du Dharma.
- les yeux grands ouverts
Ceci est un regard perçant spécifique du Guru Rinpoché qui révèle son état permanent de Mahasandhi (= grande union) Il voit toute chose, tout phénomène dans sa réalité ultime, comme inséparable de la Luminosité fondamentale. Ses yeux absorbent l'esprit du pratiquant pour lui mettre à jour sa véritable nature en un rayonnement de conscience. Ses sourcils froncés ajoutent un air courroucé, déterminé, sérieux, contrastant avec son visage éternellement juvénile emprunt de bonté et légèrement souriant. Ainsi Padmasambhava se maintient à l'exacte point d'équilibre favorable à l'Eveil, l'invariable milieu où réside l'archétype du Maître, une attention soutenue mais une attitude ni trop ferme, ni trop lâche.


Zoom sur...


  • Le vase d'Amrita est un attribut commun au Bouddha de l'ouest Amitabha, car Padmasambhava est issu de la même famille de Jina (Padma) En outre, c'est bien lui qui importa sa pratique au Tibet. La différence iconographique réside en la substitution du bol d'Amitabha par le Kapala et cela change tout, car ainsi il montre clairement la voie directe tantrique de transformation pour accéder à l'état de non-mort (libération)

Caractéristiques

  • : 366
  • Dimensions (cm) : H. 19,5 x L. 13 x P. 8,5
  • Poids (kg) : 0,901
  • Matières : Alliage cuivreux
  • Origine : Tibet
  • Année (circa) : 19° siècle
  • Catégorie : Bouddhisme
  • Famille : Statue

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Olivier C.

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