Amulette réalisée dans les années 1970-1980 en accord avec la tradition tibétaine.
Il s'agit d'une authentique amulette de type Sungkhor (ou Srung 'khor = cercle ou disque ou roue de protection)
Srung signifiant "protéger, garder à l'esprit" et Khor "roue, moulin, machine". Voir le descriptif complet du Sungkhor à l'objet n°364 de la collection Aurasiatique. L'amulette est composée d'un diagramme Yantra ou d'un Mantra spécifiquement dédié à une divinité du bouddhisme Vajrayana. Elle peut également être accompagnée de reliques d'offrandes (comme des grains de riz, des substances sacrées prolongeant la vie, du précieux élixir Dutsi Mendrup, ...) Le tout est enveloppé dans du papier et compressé par un tissage de fils colorés formant un réseau protecteur (symboliquement un Bhupura = enceinte protectrice autour du palais de la déité, le siège incorruptible et immuable de la forme-pensée ayant pris place durant le Rab Gnas ou rituel de consécration)
En conformité avec la tradition, aucun espace vide n'est laissé afin qu'il ne soit pas investi par un esprit fantôme désorienté pensant trouver refuge et qui rendrait l'amulette inefficace voire néfaste.
Cette amulette Sungkhor est exceptionnelle car elle a été conçue et bénie par S.S. Dilgo Khyentsé Rinpoché (1910 - 1991)
Il fût l'un des plus grands Maîtres réalisés du XXème siècle, chef de l'école Nyingmapa (dans la lignée du Guru Rinpotché - Padmasambhava), détenteur des enseignements du Dzogchen (la grande perfection), Terton (découvreur de trésors spirituels, les Termas), Maître de S.S. le 14ème Dalaï Lama Tenzin Gyentso et de Chögyam Trungpa Rinpotché.
Il est né dans la région du Kham au Tibet au sein de la famille Dilgo, descendante du fabuleux roi Trisong Detsen (constructeur du Stupa de Bodnath et contemporain de Padmasambhava qu'il invita au Tibet où il fonda le premier Gompa)
Sa venue au monde a tout de suite été associée à des circonstances singulières, puisqu'elle a eu lieu pendant une initiation de Kalachakra (tirée de la plus haute classe du tantra), de plus prodiguée par l'illustre philosophe Mipham le Grand (un Manjunatha, c'est à dire une émanation du Bodhisattva de la Sagesse Manjushri) Ce dernier donna à Dilgo Khyentsé le nom de Tashi Paljor (ce qui signifie né "sous les meilleurs auspices" ou "chanceux et glorieux, prospère") et le reconnaitra plus tard comme Tulku (renaissance de Jamyang Khyentse Wangpo)
S'il a été instruit et initié au monastère de Shechen, très tôt Dilgo Khyentsé fût attiré par la méditation et les retraites en ermitages où il passa près de vingt ans dans le silence. Il souhaita même s'y retirer définitivement, avant que son Maitre ne lui ordonna de s'engager dans la transmission de toutes les initiations dont il était désormais le dépositaire. Outre sa personnalité, son éthique, sa compassion hors du commun, c'est d'ailleurs ce qui s'avère prodigieux : il reçu les enseignements de plus de cinquante grands Maîtres de toutes les lignées du Vajrayana. Forcé de s'expatrier après l'invasion chinoise du Tibet, il trouva refuge au Bhoutan où la famille royale l'engagea à professer. Son aura grandissante de développa dans toute l'Asie, puis en occident par l'intermédiaire entre autres de ses célèbres disciples Matthieu Ricard et bien sûr Chögyam Trungpa Rinpotché. Dilgo Khyentsé fit renaître de ses cendres le monastère de Shechen rasé par l'armée de la révolution culturelle chinoise, mais cette fois au Népal, tout proche du grand Stupa de Bodnath. En outre, il laissa un héritage considérable de textes s'attelant à diffuser un Dharma pur, d'une efficacité redoutable (citons par exemple les "Cent conseils de Padampa Sangyé")
Chacun de ses retours sur ses terres natales au Tibet (à trois reprises) s'accompagnait d'une ferveur extraordinaire, d'une foule portée par un espoir digne d'un Bouddha vivant. Sa mort survenue au Bhoutan en 1991 fût suivie d'hommages à la hauteur de sa réputation et de sa réalisation. Son corps, maintenu dans du natron durant un an, a permis aux fidèles et aux disciples de l'honorer sans discontinuité. Puis la crémation donna lieu à trois jours de cérémonies, assistées par une centaine de Lamas, la famille royale du Bhoutan et plusieurs dizaines de milliers de personnes. A l'issue de cette crémation, il est dit que les yeux, la langue et le cœur de Dilgo Khyentsé ont été retrouvés non incinérés, presque intacts. Ces reliques sont enfermées dans un Kudung Chorten commémoratif à Paro (où se trouve également sa maison / musée de Kyichu)
Aujourd'hui, les enseignements et la mémoire de Dilgo Khyentsé sont bien vivants, de plus sa réincarnation (Yang srid) fût officiellement reconnue au Népal en 1995 en la personne de Khyentsé Yangsi Rinpotché.